L'espoir s'installe...

Publié le par Sophie Gamelin-Lavois

Mardi 3 octobre 2006
enceinte de quatre mois !
 
Je sors de chez mon gynéco. Je le vois tous les 15 jours. C'est ma bouée de sauvetage. Mon rendez-vous anti-naufrage. Parfois je me dis que je vais finalement ne le voir qu'une fois par mois mais non, cette rencontre m'est vitale pour ne pas sombrer dans le désespoir et l'angoisse. Ca m'embête terriblement de déranger mon bébé par les échographies régulières, mais tout à la fois c'est "ça" ou Lexomil... A chaque fois j'entre dans le cabinet médical le moral dans les chaussettes : "Il va me dire la pire nouvelle : le bébé est décédé". A chaque fois je repars bouleversée : "Bébé va très bien, fait  son nid, grossit bien...". Et en plus maintenant je le sens de plus en plus bouger. Je voudrais le sentir bouger en permanence mais allez, pourquoi pas un micro pour entendre son coeur battre 24h/24 !.. Donc quand l'angoisse se pointe, je relaxe comme je peux. Aujourd'hui je suis ressortie heureuse de la consultation et pas seulement chamboulée. J'ai l'impression d'avoir vraiment adopté ce bébé... J'ai un gros espoir qui me naît au coeur : je me sens enfin enceinte !
 
 
 
Jeudi 5 octobre 2006
 
Premier rendez-vous avec ma sage-femme, histoire d'envisager l'accouchement à domicile si toutefois j'arrive jusque là sans autres soucis. Je lui dis que je prends un jour après l'autre ; que je viens la voir pour ne pas faire connaissance la veille. Elle comprend. J'ai la chance d'avoir le choix entre deux sages-femmes qui font les accouchements à domicile, mais comme je connais déjà Evelyne, j'ai choisi de m'adresser à elle. On va donc se voir une fois par mois jusqu'à l'accouchement, en plus de mon suivi gynéco...
 
 
Mardi 17 octobre
 
Énième rendez-vous chez mon gynéco. Tout va très bien. Le niveau de mon espoir monte d'un cran. Je ne rate pas un seul jour ma prise d'aspirine : c'est mon oxygène, mon anti-anxiogène... Le Dr. R. hésite à me mettre sous traitement Héparine (anti-coagulant). Les analyses de sang faites il y a quelques semaines pour justement savoir si j'en ai besoin ne sont pas significatives : ni bonnes ni mauvaises. Difficile de prendre une décision dans un sens ou dans l'autre sans se demander si c'est vraiment la bonne décision. Du coup, il décide de se renseigner dans un service de pointe : spécialité hématologie à Pellegrin (CHU de Bordeaux). Le soir même je le rappelle et il me dit de repasser le lendemain car la chef du service (la plus à la pointe) n'est pas là aujourd'hui. Lorsque je repasse au cabinet, il a déjà eu la personne au téléphone. Étant donné l'avancée significative de ma grossesse, elle propose que je passe directement la voir en consultation pour effectuer les prélèvements sur place et ainsi avoir les résultats au plus vite (dans ma commune du Lot-et-Garonne, tout est envoyé sur Paris et les délais sont longs pour avoir les résultats...). J'ai l'impression d'être bichonnée par le corps médical : ça fait plaisir !
 
Donc le lundi 23 me voilà dans le grand hôpital universitaire de Bordeaux. Bonjour le bâtiment ! Super beau, mais... super grand... Pas manqué, malgré les explications à l'accueil, je me perds dans les couloirs because (surtout) je n'ai pas pris le bon ascenseur ! Bon. Mais encore dans le bon couloir faut-il trouver la bonne porte. Quand j'arrive enfin, j'ai du retard mais comme dans le service aussi, ça colle quand même.
 
Je suis reçue par la chef de service et mon dossier est mis sur la pile, à traiter en urgence. L'avantage d'être enceinte, c'est que la prise de sang a été faite sur place dans la pièce attenante aux consultations, sinon j'étais bonne pour repartir dans les dédales de l'hôpital, rayon "sous-sol" cette fois. Et surprise, c'est la femme de mon ancien propriétaire (lorsque j'habitais à Bordeaux) qui me fait la prise de sang ! Gros hasard, elle fait un remplacement car sinon elle bosse au sous-sol... Du coup j'ai les dernières nouvelles, et vu la quantités de petites fioles qu'elle remplit, elle a tout le temps de m'expliquer les détails de sa nouvelle vie. Moi je rêve d'un croissant, il est bientôt midi et je n'ai rien avalé depuis la veille. Elle m'a piqué super bien. Je repars sans me perdre cette fois, contente que ma belle-mère m'aie accompagnée, afin de profiter ensuite d'une journée shopping à Bordeaux. On ne se privera pas d'en profiter, après toutes ces péripéties !
 
J'arrive dans les derniers jours de mon 5e mois et j'attends les résultats des analyses, et le retour de mon gynéco parti en mission au Vietnam. Mais je ne suis pas "sans filets au quotidien" : mon bébé bouge beaucoup et je le remercie tous les jours pour ces signes de vie, moi qui m'attends à la mort à tous les instants...
 
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Publié dans 5e mois

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